
Le Figaro, no. 18592
Le Figaro, lundi 17 mai 2004, p. 11
FRANCE, SOCIETE
ÉDUCATION
Des étudiants américains s'initient à la France
Marielle COURT
La précaution oratoire est immédiate : « L'antenne de l'université de Chicago qui a ouvert ses portes à Paris en septembre est réservée aux étudiants américains. » Robert Morissey, le directeur de ce nouveau centre, le sait : dans un contexte de plus en plus concurrentiel entre grandes universités, la France redoute que notamment les États-Unis viennent s'installer en Europe et détournent ses meilleurs étudiants.
A dire vrai, la philosophie de ce projet est tout autre. Il s'agit au contraire de permettre à des étudiants américains d'accéder à la culture française et européenne : « Nous estimons que dans le contexte actuel, les jeunes Américains doivent s'ouvrir à d'autres cultures », affirme Robert Morissey. L'Europe est la plus grande aventure politique du XXIe siècle, et nous avons choisi Paris car il n'y a qu'ici où l'on rencontre une telle concentration et une telle constellation de savoirs », poursuit l'homme dans un français parfait. Clin d'oeil, le tee-shirt du centre, accessoire indispensable à toute université américaine, affirme dans son dos : « Alliance de saveurs et de savoirs. »
Le fait que l'université de Chicago soit à l'origine de cette aventure n'est pas un hasard : « Notre université a un ancien et profond engagement avec la France », assure Michael Randel, le président de l'université de Chicago qui a fait le déplacement pour l'inauguration des locaux ainsi que le maire de la grande métropole de l'Illinois. Des locaux neufs situés dans le tout nouveau quartier de la Bibliothèque François-Mitterrand, dont l'université s'est porté acquéreur.
« Nous avons besoin de ces échanges intellectuels, le monde a désespérément besoin de mieux se comprendre », poursuit le président de l'université. Un tel programme vise-t-il ainsi à tenter de corriger les distances récemment prises entre les deux pays ? « La décision de nous installer à Paris remonte à bien avant le conflit en Irak », assure Robert Morissey, mais l'objectif d'une ouverture sur l'extérieur est bien là : « Seuls 10 % des Américains possèdent un passeport », rappelle Michael Randel.
Au sein de la très francophile université de Chicago, ce regard vers la France et l'Europe est apprécié puisque près d'un quart des étudiants situation tout à fait exceptionnelle aux États-Unis y apprennent le français et depuis l'annonce de l'ouverture du centre parisien, les demandes pour les cours ont augmenté de 40 %.
Le centre parisien offre deux types de programmes à ses étudiants. Un programme annuel en français destiné à une vingtaine d'étudiants sur la base d'une coopération avec certains instituts ou universités d'Ile-de-France, et trois programmes de 10 semaines destinés plutôt à des chercheurs. L'idée est d'avoir en permanence quelque 70 étudiants sur place. Des étudiants inscrits à l'université de Chicago qui, comme l'a souligné Janel Mueller, doyenne du département des Humanités ont également « pour vocation d'être des ambassadeurs de leur pays ».
Catégorie : Actualités
Sujet(s) uniforme(s) : Enseignement supérieur
Sujets - Le Figaro : EDUCATION; ETUDIANT; RELATIONS EXTERIEURES
Lieu(x) géographique(s) - Le Figaro : FRANCE; ETATS-UNIS
Type(s) d'article : ARTICLE
Taille : Moyen, 337 mots
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Doc. : news·20040517·LF·20040517×2FIG0352